mardi 3 septembre 2013

Cécilia Samartin : des romans d'amour, mais pas seulement...

Une chose est sûre, avec son écriture fluide, ses phrases joliment tournées et la juxtaposition de ses récits de narrateurs différents temporellement décalés, Cecilia Samartin a le don de nous tenir en suspens!


Dans son premier roman, Le don d'Anna (2011), devenu best-seller international, nous suivons les aventures d'une héroïne rescapée de la guerre civile du Salvador qui trouve refuge aux Etats-Unis, d'abord dans un couvent où elle se prépare à devenir religieuse, puis auprès d'une famille où elle est employée en tant que gouvernante. Le personnage d'Anna nous rappelle un peu celui de Julie Andrews dans la Mélodie du bonheur, touchante par sa douceur, sa patience et sa compréhension mais ici les leçons de chant font place à des leçons d'humanité parsemées délicatement à travers le récit, comme on peut le lire ici: «  Je compris à cet instant combien l'inquiétude d'une mère entoure un enfant d'une chaude enveloppe protectrice, et combien son indifférence la glace à tel point que la mort lui paraîtrait presque un sort enviable. »




Avec La belle Imparfaite (2012) et la suite Rosa et son secret paru cette année, nous suivons à nouveau le destin tragique d'une jeune femme mexicaine qui, après avoir traversé clandestinement la frontière américaine, trouve une place de garde-malade dans un hopital psychiatrique. Son histoire est intercalée d'un second récit, celui du Senor Peregrino qui lui conte ses pérégrinations d'autrefois sur le chemin de Compostelle. Là encore, les différents points de vue culturels se confrontent et la noblesse des sentiments côtoie la cruauté de la perversion humaine. C'est aussi le récit d'un long voyage vers la découverte de son identité et l'acceptation de soi. Une belle aventure, quoi!