dimanche 10 août 2014

Fugue


Fugue. C'est d'abord celle de Madeleine, 11 ans, le jour de la rentrée. Clothilde, sa mère, la retrouvera peu de temps après, indemne, mais elle en perdra la voix, pour avoir trop crié son nom.

Paradoxalement, le silence qui accompagne cet état de stress post-traumatique laisse entendre comme une longue plainte sourde et Clothilde va alors profiter de cet ébranlement pour re-structurer sa vie : « Ce qui a fini ce jour de rentré scolaire de David et Adèle, c'est leur petite enfance. Après dix ans de grossesses, d'allaitement, à n'être qu'à eux et à la maison où toujours quelque chose était en travaux : ce jour cumulé à la fugue de madeleine a été pour moi : tremblement de terre... »(p. 188)

Clothilde veut guérir, mais pas pour retrouver la Clothilde d'avant, c'est à dire, « quelqu'un qui convenait bien à tout le monde ». Et c'est sa propre fugue qu'elle commence à orchestrer. Le chant sera sa thérapie. Une autre façon de faire entendre sa voix. N'en déplaise à ses proches qui s'impatientent devant son opiniâtreté et voudraient la voir emprunter des chemins plus conventionnels.

Elle ne veut pas se dire, raconter sa vie, mais entreprendre, créer, se révéler , non plus seulement en tant que mère, femme ou épouse, mais en tant que décoratrice d'abord, puis musicienne. Une nouvelle liberté s'offre à elle, celle de reprendre le cours de son propre chemin, à travers ses talents et sa passion, celle de réaliser son véritable retour.